mardi, 18 septembre 2007

Derniers bisous kirghizes

Salut a tous,
Apres deux jours de seminaire dans les forets au dessus de Jalal-Abad et un trek de 5 jours a travers les montagnes au nord pour rejoindre la route de Bishkek, nous voici de retour a la capitale. Plus que quelques jours et notre avion nous ramenera vers la Suisse et le Poly ;-)
Avant de vous raconter ce que nous avons fait, nous avons une pensee speciale pour tout ceux qui recommencent aujourd'hui (merci de nous prendre des notes :D) et que l'on se rejouit de retrouver. Par ailleurs, on vous remercie de nous avoir suivi pendant ces deux mois magnifiques et on vous embrasse tous bien fort !

Voici donc notre dernier message :

Lundi matin, on retrouve Annina au bazar de Jalal-Abad, puis depart pour le centre forestier d'Intercooperation Suisse-Kirghizstan, ou elle effectue 6 mois de stage apres sa formation en foresterie a Zurich. Plus tard dans la matinee, avec deux responsables locaux et une dizaine d'etudiants de l'universite de Jalal-Abad, on part pour les forets de Shaidan. La premiere journee est consacree a divers exposes sur la gestion forestiere kirghize, la nouvelle typologie (fortement inspiree du systeme suisse), et la problematique de l'agro-foresterie au Kirghizstan, en Suisse et ailleurs dans le monde. Comme tout se deroule en kirghize, Gulmira traduit toutes les conversations en russe pour Annina, qui a son tour les synthetise en anglais (on leur doit a toutes les deux une fiere chandelle :D). En fin de journee, apres ces elements theoriques et quelques delicieuses poires, on visite la pepiniere de pommiers, poiriers et noyers, seuls moyens de rajeunir ces forets fortement paturees.

Apres quelques toasts, une soiree au son de la guitare et une bonne nuit de sommeil, on profite de la deuxieme journee pour visiter les forets alentours. Les noix sont le principal attrait economique et le centre de bien des conflits. Chaque habitant, moyennant une certaine somme, se voit attribuer une parcelle a exploiter pour la recolte, qui commence ces jours (l'exploitation du bois est interdite, mais cet interdit est parfois peu respecte par les villageois, dont c'est - avec les bouses sechees - la seule ressource energetique). Commencent alors les conflits de voisinage, les inegalites de copinage ou le maraudage qui compliquent un peu plus la gestion des rares forets kirghizes.

Les encadrants insistent particulierement sur la responsabilite des jeunes forestiers dans leur metier. Par de multiples exemples, ils les forcent a reflechir par eux-memes, quitte a contredire l'ordre d'un chef potentiel. Ainsi, nous sommes rendus attentifs aux conditions climatiques et micro-climatiques propices a chaque espece, a respecter dans la planification des plantations et des coupes pour maintenir des forets de qualite. Cette qualite n'est ici pas la meme qu'en Suisse, puisque ici seuls les fruits (a quelques exceptions pres) et non le bois sont valorises. On favorise donc les larges couronnes et non les troncs rectilignes, afin de faire fructifier la recolte.

Le probleme principal rencontre est le surpaturage du sous-bois qui empeche toute regeneration et fragilise les arbres existants. Dans diverses parcelles, des tests scientifiques sont realises pour trouver l'equilibre ideal entre les forets, le betail et les cultures. Diminuer la pression du betail semble, a long terme, etre le seul moyen de maintenir ces forets (et permettre en meme temps un fourrage de meilleure qualite, augmentant ainsi la productivite laitiere). Une association locale, incluant les responsables communaux, forestiers et scientifiques est en train de se mettre en place, pour definir une vision a long terme de ces forets et des contrats d'exploitation a 50 ans. Elle ne semble malheureusement pas inclure les villageois...

Ces deux jours studieux nous permettent de nous replonger en douceur dans ce qui nous attend la semaine prochaine. Ils ont par ailleurs ete l'occasion de chaleureuses rencontres avec les etudiants et les responsables-organisateurs que l'on remercie vivement de leur accueil.

Des le lendemain nous repartons sac au dos pour notre dernier trek kirghize, d'Arslanbob a Kara-Kol. Le premier jour, une rude montee nous attend pour atteindre la "pierre sacree" perchee au-dessus de la vallee. Encore quelques centaines de metres et nous rejoignons notre premier campement, petit espace plat au milieu des eboulis, a 3200m environ.

Le lendemain, 600 metres de pierriers et de rochers nous menent jusqu'au premier col, avec une vue plongeante sur Arslanbob, 2200m plus bas. La descente n'est pas plus evidente, mais largement recompensee par la vue magnifique du lac sacre de Kul-Kupan. De la, nous visitons les lacs glaciaires de Kabyr-Kol et Ainek-Kol (lac du miroir) perches un peu plus haut. Ce sont des sites sacres autour desquels sont rassembles des centaines de kerns et de petits drapeaux. Dans la descente, nous installons nos tentes a proximite d'un campement de bergers kirghizes qui nous accueillent avec pain chaud et creme fraiche... Apres un bon tchai et une soupe, Camille s'initie au faconnage des kuruts, alors qu'Antoine se lance dans une seance photo avec les enfants. Encore une demi journee de marche et on rejoint notre dernier col a travers des paysages d'alpages, dont la plupart ont deja ete desertes en prevision de l'hiver. Une raide descente nous mene alors au fond de la vallee ou l'on installe notre campement au bord de l'eau, suivant nos habitudes...

Une derniere journee de marche le long de cette vallee de plus en plus cultivee nous mene a Kara-Kol, ou l'on profite, a l'occasion des 28 ans de notre guide, de faire un excellent et copieux repas sur notre petit rechaud et de lui enseigner quelques rudiments d'anglais et de francais. Le lendemain, nos chemins se separent. Alors qu'il repart pour Arslanbob, nous parcourons 400km de taxi collectif a travers paturages, montagnes et vallees escarpees pour rejoindre Bichkek, ou il nous reste quelques achats et du repos a prendre avant de rattraper notre premiere semaine de cours et de terminer notre demenagement-emmenagement...

Voila c'est fini... enfin presque... Profitez bien de ces derniers bisous kirghizes :)

Camille et Antoine

dimanche, 9 septembre 2007

Le Sud

Bonjour a vous, lecteurs patients :)

Depuis plusieurs jours, nous voila plonge dans l'atmosphere chaude et fourmillante des villes du Sud. Cela nous offre un contraste saisissant par rapport a toutes les montagnes que l'on vient de traverser. L'ecole a repris et les ecoliers, en tenue noire et blanche papillonnent un peu partout. Ces villes ont bel et bien une architecture sovietique (quelques gros immeubles parallelipipediques en beton), mais sont habitees d'une vie "du Sud", avec beaucoup de gens dans les rues, des habits et tentures tres colores, du traffic, des klaxons et surtout des marches dignes de la route de la Soie. On y trouve de tout, de l'alimentaire (fruits, legumes, conserves, epices, cereales, pates, pains, viandes, poissons, fromages, yoghourt, samsas, chachliks, kuruts, thes, bonbons, biscuits, confitures, fruits secs...), des cosmetiques, des outils, des habits, des chaussures, des tissus, des edredons, des lampes, des portes, du ciment, de la peinture, des voitures, des velos, des fers a cheval (forges sur place), des visses, des boulons, des stylos, du papier, des cassettes, des CDs, des DVDs, des couteaux, de la porcelaine, des habits traditionnels, des chapeaux, des bijoux, des canetons... Le marche le plus imposant est probablement celui d'Och, qui s'etend sur plus d'un km de long. Partout, les differentes ethnies qui peuplent la region se cotoient et vendent leurs produits. Ici la population est essentiellement Ouzbek. Il y a bien evidemment des Kirghizes, mais aussi beaucoup de Russes et meme des Tadjiks. L'Islam est plus present et plus pratique qu'ailleurs, mais la vodka reste la boisson nationale (apres le koumiz, bien sur :) ). Ce melange des cultures apporte une richesse particuliere. En bref, on s'y sent bien, interpelles par ce melange de sons, d'odeurs et de couleurs.

Comme nous l'avons mentionnes dans un message precedent, cette immense vallee du Fergana est consideree comme le grenier de l'Asie centrale. Cela participe a une richesse economique superieure et une variabilite plus grande sur les etales des marches. On peut ainsi ajouter a notre liste de fruit de nombreuses varietes de peches, de figues, ainsi que les permieres bananes, ananas, kakis ou grenades qui croisent notre chemin. On retrouve egalement les blinis russes, les pizzas "italiennes" ou de nombreuses surprises en commandant un repas sur les menus entierement en cyrillique.

A Och et a Ozgon, on a egalement profite d'integrer quelques elements historiques a travers la visite de mausolees musulmans ou du musee de la route de la Soie. Les apres-midis sont consacres au repos, toujours bienvenu lorsque la temperature grimpe sous un soleil de plomb (bien que les rues et parcs, fortement boises, soient peut-etre plus frais que notre mini-комната bruyante)...

Finalement, apres 4 jours de cette vie citadine, nous rejoignons Arslanbob, sur les hauteurs, dans les forets de noyers. Ce village de 12000 habitants est fortement disperse. Chaque maison est entouree d'arbres, de jardins fleuris et de centaines de petits bisses. En dehors du village, les parcelles sont plus cloturees qu'ailleurs, afin de proteger les recoltes du betail. Les forets et clairieres sont largement exploitees pour la pature et les cultures, en particulier les pommes de terre, le mais, le tournesol et bien sur les noix et les fruits. Nous logeons chez l'enseignant d'allemand (et sa femme: prof de geo) et cela nous permet d'un peu plus echanger sur la vie locale. Ici la population (ouzbek a 100 %) est extremement chaleureuse et s'est vite tournee vers le tourisme, a travers un des programmes de tourisme communautaire les plus actifs que nous ayons rencontre. Outre son poste d'enseignant et ses deux chambres d'hote, notre logeur possede quelques terres que son fils exploite. Nous avons ainsi pu participer a la recolte des pommes de terre et decouvrir les beautes du paysage.

Apres deux jours dans ce charmant village, nous voila repartis pour un atelier de 2 jours avec des etudiants kirghizes en foresterie (notre "petit" voyage d'etude a nous ;-) ), suivi d'un trek de six jours a travers ces memes montagnes, qui devraient nous permettre de rejoindre la route de Bishkek et d'etre a temps a la capitale pour confirmer nos billets d'avion et ne pas rater notre deuxieme semaine de cours...

D'ici la, on vous embrasse bien fort!

Antoine et Camille

mercredi, 5 septembre 2007

La grande traversee...

Bonjour a tous,

Voici des nouvelles du chaud, depuis le sud-ouest Kirghize !

Pour rejoindre cette region, nous avons traverse le massif du Fergana, en passant par Kazarman :

A Naryn, le 31 aout, notre bus arrive peu avant 8h. C'est en fait un minibus qui a deux places a l'avant (pour le chauffeur et son fils charge d'attacher les bagages sur le toit, de recolter les sous et de faire quelques achats: eau, cigarettes, ... sur le parcours). A l'arriere, les banquettes forment un carre contre les bords, laissant un espace central pour les bagages n'allant plus sur le toit, les enfants, les chiens, etc. Au total, il y a treize places assises (dont 4 dans le sens de la marche). Nous avons la chance d'occuper une place et demi, dos au chauffeur, avec dossier, donc relativement confortable. Nous partons ainsi pour 8 h de trajet sur une route qui se degrade au fil des km en une piste poussiereuse. Le bus se remplit plus vite qu'il ne se vide. A la maniere des collectivos peruanos, on s'entasse petit a petit. Au maximum, on aura ete 27 a l'interieur, dont une famille qui demenageait avec chien et cartons entasses a nos pieds. Il y a peu d'espace pour apprecier la vue. Malgre tout, on apercoit la vallee de la riviere Naryn, irriguee et fortement cultivee, alors que sur les bords, les collines puis les montagnes denudees sechent au soleil. 250 kilometres, 92 litres d'essence et 3 litres d'huile plus loin nous atteignons Kazarman, ville perdue au centre du Kirghizstan n'existant que pour sa mine d'or a ciel ouvert a quelques kilometres de la. Ce n'est pourtant pas pour elle que nous avons fait le deplacement ! Apres une bonne douche et une nuit de sommeil, nous partons vers les plus beaux petroglyphes d'Asie centrale a Sailmaluu Tash !

La encore, les 2 heures d'approche en vieille Jeep russe sont impressionnantes. La piste se degrade encore en un vulgaire chemin de terre, en pente et fortement troue. Notre chauffeur-guide a heureusement l'habitude d'emprunter cette route avec sa voiture. Apres une premiere panne au niveau du tableau de bord (fumee nauseabonde) et une dizaine de virages en tete d'epingle en monte, puis deux en descente (au frein a main, car le frein a pied ne freine plus suffisamment). On abandonne la Jeep pour 4h d'ascension pedestre le long d'un torrent. On arrive en haut bien fatigues, assommes par la chaleur et la poussiere residuelle de la veille coincee dans nos poumons.

La, on monte la tente dans un champ de ciboule et l'on se repose... la visite est prevue pour le lendemain au lever du soleil. Un groupe de sept kirghizes nous rejoint. Ils ont monte un repas de fete (fruits, fruits secs, bonbons, biscuits, pain, viande, pilaf, yoghourt, ...) auquel on est convie. Pour notre part, nous apportons l'eau chaude pour le chai (on ne voulait pas avoir porte notre essence et notre rechaud pour rien :-) Ils n'ont par contre ni tente ni couverture (un sac de couchage et quelques vestes qu'ils se partagent) et nous leur laissons notre tente et passons notre premiere nuit a la belle etoile bien c\au chaud dans nos sacs de couchage, malgre le vent qui s'est leve.

Les petroglyphes sont magnifiques. Plusieurs styles et epoques se succedent mais la plupart datent de l'age du bronze. Ils mettent en scene, sur des milliers de pierres, des animaux sauvages (loups, cerfs, panteres, ibex, ...) ou domestiques (boeufs, chevaux, yaks, chevres, ...), des personnages sur des chars, chassant a l'arc ou encore dansant. Les scenes les plus typiques du site sont les personnages aureoles d'un soleil ou d'une coiffe imposante. Au final, nous passons plusieurs heures sur ce site a sauter de rocher en rocher dans des coulees d'eboulis noirs. En debut d'apres-midi, on reprend la route. On descend la vallee, on recupere la Jeep et on abuse du frein moteur pour rejoindre Kazarman !

Le lendemain, on continue vers l'ouest dans un taxi collectif. Apres 5 heures (la piste n'est pas meilleure, mais nos sieges plus confortables) et le passage d'un col imposant, on rejoint la vallee du Fergana, grenier de l'Asie centrale, puis Jalal-Abad. Ici, dans ces paysages quasi-desertiques, les villes et villages sont des oasis de verdure. Les fonds de vallee sont cultives et si la plupart des cultures (cereales) sont deja recoltees, il reste encore le riz et le mais dans les champs. Par contre, c'est la saison de la recolte des tournesols qui sont coupes a la main, entasses au bord de la route, puis frappes pour separer les grains. Ceux-ci sont alors seches sur les rares espaces goudronnes de la route, avant d'etre empactes et vendu dans des huileries ou sur les marches comme petites graines a grignotter...

Depuis Jalal-Abad, nous avons rejoint Ozgon, puis Och, ces villes musulmanes de la route de la Soie... Elles ont leur propre histoire et meriteront un prochain texte...

En attendant de vous donner plus de nouvelles et de vous revoir, on vous souhaite un bon mois de septembre et pourquoi pas un petit ete indien ? (c'est pour vous aider a lutter contre la neige annoncee :-)

Bisous de nous deux

Camille et Antoine

PS : notre connection est tellement mauvaise que pour les photos (on en a mis quelques unes... mais pas toutes) et la mise a jour de la carte, il faudra attendre quelques jours ;-)

jeudi, 30 août 2007

Carte !

Encore un petit complement... Comme on sait que vous n'avez pas tous une carte du Kirghizstan sous les yeux, voici les principales villes ou on est alle et ou on pense se rendre, ainsi que notre parcours !


Pour une carte plus grande

Churukti, Tash Rabat et Chatyr-Kol

Coucou a vous tous !

Tout d'abord, merci beaucoup pour tous les mails (et sms) que vous
nous avez envoyes. On pense bien a vous ici depuis Naryn (la preuve,
on est a nouveau entrain d'ecrire :) (mais cette fois-ci, on promet de
faire plus court !) (quoique...)

Depuis notre dernier message, on s'est rendu a At-Bashy ou l'on s'est
repose 2 jours en esperant organiser un trek a cheval jusqu'a Tash
Rabat. Voici la suite de notre histoire...

En attendant, on profite de visiter la region et les ruines de Koshoy
Korgon. Le temps d'une semaine, ce site se transforme en festival pour
feter l'inauguration du musee attenant. Yourtes en fete, tetes
coiffees, epopees racontees et chantees, on profite de s'immerger dans
la culture kirghize, sans compter les multiples stands de shyrdaks et
de chachliks.

Ne trouvant pas de chevaux, un taxi nous pousse sur 60km, avant que
l'on parte a pied pour 5 jours de trek magnifiques, nous faisant
visiter la vallee isolee de Churukti, le pole touristique de Tash
Rabat et le lac Chatyr Kol, proche de la frontiere chinoise et du col
du Torugart.

Malgre notre autonomie, ce trek nous donne a de multiples reprises
l'occasion de decouvrir de l'interieur la vie des bergers nomades.
Leurs yourtes se composent d'une armature pliable en bois (kerege)
d'ou partent de hautes perches (uyuk) fixees autour d'une ouverture
ronde (shanrak) permettant la regulation de la temperature,
l'aeration, l'eclairage et l'evacuation de la fumee. Au sommet, la
piece maitresse, le tyndyk, est une roue dotee de deux triples rayons
qui soutient le toit. On la retrouve sur le drapeau kirghize. Sur
cette armature, de grandes baches de feutre nous isolent de
l'exterieur. A droite de l'entree, un poele permet de cuisiner et de
chauffer le lait pour former le yoghourt qui, une fois seche, donnera
des boulettes de kurut. Au fond, les edredons, qui servent de matelas
et de couvertures la nuit, sont soigneusement empiles. Tout autour,
les murs permettent de suspendre habits et garde-manger, alors qu'une
place au chaud pres du poele est reservee pour le pishkek, baratte qui
sert a la fabrication du kumiz (lait de jument fermente). Le sol est
couvert de tapis et de nattes en feutre sur lesquelles une table basse
est posee pour le the et les repas. C'est a ces occasions que nous
avons notamment pu deguster de la creme fraiche sur du pain chaud ou
un "caramel" servant a la conservation de la creme et du beurre. Par
ailleurs, on s'habitue au gout acide du kumiz et du kurut...

Ce trek fut egalement l'occasion de quelques prouesses climatiques.
Apres le passage d'un col a pres de 4000m, un orage nous a apporte de
la neige venant glacer nos mollets endurcis. C'est avec bonheur que
l'on a ensuite troque notre tente pour la chaleur d'une yourte et la
compagnie des bergers.

On est aujourd'hui de retour a Naryn, en esperant prendre demain le
bus pour Kazarman. Celui-ci ne circule que le mardi et le vendredi, or
demain est le jour de la fete de l'independance kirghize... Par la
suite on espere rejoindre la region d'Osh au sud-ouest du kirghizstan
d'ou vous aurez plus de nouvelles...

On vous embrasse tous bien fort. Bon courage pour les travaux sur le
toit, la recherche d'un appart, la (re)prise du travail, ...

Camille et Antoine

mercredi, 22 août 2007

Lac Song-Kol

et nous revoila pour la suite (si vous en avez le courage :-)...
 
Devant l'agence du CBT, on retrouve notre guide et une petite jeep qui nous menerons jusqu'au village de Jumgal. La, on s'arrete chez la coordinatrice de Sheperd's Life qui se charge de nous trouver 3 chevaux et nous concocte une delicieuse soupe aux raviolis. Rassasies, on charge les chevaux (surtout celui du guide qui porte nos deux sacs remplis de provisions pour la partie pedestre de notre balade) et on nous explique les rudiments de la monte kirghize. Un son proche de "tchua" sert a les faire avancer, une cravache et c'est partit pour une magnifique traversee a travers les champs d'avoine et les collines paturees. On longe une riviere et on remonte sur l'autre versant jusqu'a un petit col qui nous offre une vue splendide sur la vallee suivante. Encore une petite heure et nous rejoignons nos premieres yourtes. Pendant que les freres et le pere rentrent a cheval plusieurs chargements de foin frais, la grande soeur nous offre le the et se met a la preparation des momos du soir, farcis de mouton et d'oignons, avec la maman et la petite soeur. Toute la famille est regroupee pendant les deux mois d'ete, alors que le reste de l'annee, les 3 plus grands etudient a Bishkek. Apres le repas, notre yourte se transforme joyeusement en dortoir et on passe une excellente nuit emmitoufles dans nos edredons.
 
Le lendemain, apres un copieux petit dejeuner de semoule au beurre (avec un petit gout de galette saint-Michel) On gravit la montagne derriere les yourtes jusqu'a un col qui nous mene, apres une belle descente jusqu'au bord du lac Song-Kol. En chemin, on fait une halte aupres d'une yourte d'hotes ou l'on deguste sieste et pilaf.
 
Encore quelques km sur les rives, entre troupeaux de chevres, de moutons et de chevaux et l'on rejoint notre second campement. L'endroit est magnifique, l'accueil chaleureux et la petite fille adorable. Arrives assez tot dans l'apres-midi, il nous reste du temps pour une seance coiffure au couteau suisse, assis dans les galets, au bord du lac, a 300m d'altitude, au soleil couchant, apres un bon bain, court mais agreable.
 
Le 3eme jour, alors que notre guide retourne sur nos pas avec nos chevaux, nous continuons a pied sur ce haut plateau largement pature. La traversee est magnifique, mais la route est interminable, au point que l'on decide, arrives au bout du lac, de prendre un autre itineraire, nous evitant 40km supplementaires sur ce haut plateau a perte de vue. On campe le long de la riviere, non loin de yourtes de bergers.
 
Le 4eme jour, on prend de la hauteur sur les collines qui longent la riviere afin d'eviter les gorges. On redescend ensuite dans une vallee granitique. Les collines denudees ont laisse la place a des montagnes partiellement boisees. Malgre le vent qui nous suit depuis le lac, on plante notre tente pour une deuxieme nuit dans le fond de la vallee au bord de la riviere.
 
Il nous faudra ensuite un peu plus d'une journee de marche entre de nouvelles montagnes et collines pour rejoindre la route Kochkor-Naryn, ou un ancetre de camion-citerne nous prend en stop jusqu'ici, a Naryn. Il continue en direction des mines d'or de Kazarman... transportant un mysterieux liquide...
 
La suite de nos projet n'est pas encore tres claire et l'on ne souhaite pas vous charger d'avantage :-) (merci a ceux qui nous ont lu jusqu'ici !). Merci pour vos mails, vos commentaires sur notre blog et toutes les nouvelles que vous nous donnez de suisse ou d'ailleurs ! On pense bien a vous,
 
Antoine et Camille
 
PS : le prochain message sera probablement aussi long... et peut-etre meme plus ! Ce pays est tellement magnifique que l'on souhaite tout raconter ! Alors d'ici la, reposez-vous bien ;-)

En route pour Kochkor

Coucou,

Nous voici a Naryn, en pleine sante... mais nous voulions vous envoyer ce mail depuis Kochkor la semaine passee... le voici donc !

Au depart de karakol, apres notre magnifique trek, nous nous arretons a Barskoon dans le but d'observer la fabrication des yourtes. Ce village de 5000 habitants se trouve sur la cote sud du lac Issyk-Kul, ou plutot un peu en retrait, car il faut pres d'une heure 30 pour le rejoindre a pied ;-) N'etant pas touristique, il n'y a pas de logement ou d'hotel prevu pour les touristes. Nous avions donc prevu de camper sur la plage ou dans un coin un peu retire, cependant, dans le premier petit magasin ou nous entrons pour acheter un pique-nique apres que le bus nous aie depose, nous lachons a tout hasard le mot "комната" (chambre en russe) et nous voila partit pour une nouvelle aventure...

Un des jeunes present dans le magasin a justemement un ami qui a une grande maison. D'autres se proposent aussi... mais plus loin en dehors du village. Nous avons finalement l'embarras du choix ! Nous suivons donc notre compagnon jusqu'a la maison de son ami. La, devant la porte, un enorme camion (avec des inscriptions en allemand et en anglais, mais immatricule au Kirghizstan) se fait charger d'abricots. Presque toute la recolte de la famille partira a destination de la Russie... peut-etre meme plus loin !

Un peu plus haut, devant la maison, on rencontre Jamila, la maman, puie le petit frere, la voisine, etc. Bref, tout le monde essaie de nous aider. Ils connaissent quelques mots d'anglais et ont sorti leur dictionnaire. De notre cote, nous ne quittons pas notre petit guide francais-russe, ni l'instinct des gestes et des mimiques qui fonctionne tout aussi bien !

On nous installe dans une chambre spatieuse. Plusieurs couches d'edredons font office de lit (nous devons avouer que c'est tres confortable !). En bas, Jamila a deja prepare le the, les abricots, le pain et la confiture. Au the d'accueil s'ajoute une salade tomate-concombre (du jardin) et nous partons pour une balade vers le lac largement rassasies. A notre retour, nous participons a la preparation de la soupe de pomme de terre (bouillon de mouton, carottes, oignons, tomates et pommes de terre) et de la salade du soir. Nos contacts tant esperes avec la culture Kirghize ont enfin commences ! Nous faisons le tour du jardin (chaque legume est traduit en russe, kirghize et francais), puis de la maison. Jamila nous montre les shyrdaks (tapis de feutre) et broderies qu'elle a fait. On se sent largement accueilli et on profite pleinement de cette premiere experience culturelle.

Ici, la base de l'alimentation tourne autour du mouton (bien gras de preference, c'est d'ailleurs une espece speciale au "grosses fesses" selectionnee pour sa qualite culinaire). Cependant les crudites ne manquent pas. Ce sont les tomates et les concombres que l'on retrouve a tous les repas (meme Camille commence a en redemander) Du cote des fruits, nous nous regalons d'abricots, de pommes, de prunes, de raisins, de melon et bientot de pasteque (c'est un peu gros pour nous deux, alors on attend l'occasion d'avoir plusieurs jours devant nous ou des gens avec qui la partager...). Avec le mouton, que l'on trouve soit sous forme de "шашлик" (brochettes trop bonnes), soit quelques petits morceaux dans le "плов" (pilaf) et dans le "лагман" (nouilles) ou alors pour former la base du bouillon. On consomme beaucoup de pain. Celui-ci est cuit dans des tandoors a la maniere des naans indiens (d'ailleurs, le "хлеб" russe devient "nan" en kirghize). Il est trop bon !!! On se releve meme la nuit (on en a toujours sur la table de nuit d'ailleurs :-). Bon la, on exagere un peu... mais pas tant que ca. Bref, vous comprendrez que depuis qu'on s'autorise fruits et salades sans avoir peur de la tourista... on a tendance a trop manger et a se faire vraiment plaisir.

Le lendemain matin, apres une bonne nuit, notre petit-dejeuner se compose de ble cuit a la vapeur, d'oeufs durs accompagnes d'oignons cuits, de pain maison et d'une delicieuse confiture de cassis (maison egalement). On se regale et apres quelques echanges d'adresses, de photos et de cadeaux touchants (on a recu une belle tapisserie en feutre representant le lac Issyk-Kul et les montagnes du Tian Shan), nous reprenons la route de Kochkor (a ne pas confondre avec Kachgar, la ville marche de la route de la soie dans le Xinjiang chinois, "juste a cote", apres le col du Torugart). Un car de touristes allemands nous prend en stop et nous mene droit au but. Traversee sympathique et pas chere...

Arrives a bon port, on profite des agences communautaires pour trouver un logement chez l'habitant et organiser un futur trek a cheval (tout organise cette fois-ce, avec guide, hebergement et repas dans des yourtes). Il nous faudra 70 km de taxi et deux jours de cheval pour rejoindre le Song-Kol. Depuis ce lac situe dans les paturages a 3000m d'altitude, nous abandonnerons guide et chevaux pour rejoindre la grande vallee de Naryn a pied, par nos propres moyens. Nous pensons prendre 5 a 7 jours pour parcourir les 100km qui nous separent de Jangy-Talap. Le futur reste incertain. Idealement, on espere rejoindre Tash-Rabat, plus au sud encore, mais les transports semblent inexistants et il nous faudra alors rejoindre Naryn, a l'est, avant de redescendre par une autre vallee plus frequentee...

Avant de partir, on profite encore de se balader dans les environs de Kochkor (village de болшевик). On fait d'agreables rencontres, et on se fait inviter pour le the dans une famille (le garcon voulait que l'on vienne photographier son veau et sa brebis), le pain sort du four et le miel est delicieux...

Voila pour nos aventures jusqu'au 16 aout  ! La suite (jusqu'au 22) suit dans un nouveau message et en attendant, nous pensons bien a tous ceux qui doivent encore defendre leur travail de master ! MMM.

Camille et Antoine

PS : on a finalement craque pour la pasteque. Il nous reste un jour pour manger les 3kg qu'il nous reste... mais on va y arriver :-)

PS2 : on a finalement abandonne le kilo restant a notre hotesse avant de prendre la route du lac

PS3 : au gre des paysages, notre trek s'est un peu modifie... plus d'infos dans le message suivant !
 
PS4 : desole, cette fois-ci pas de photos dans le texte (ca le rend plus digeste... on sait  :-) mais on en a mis quelques unes sur notre galerie ... seulement on n'arrive pas les voir depuis notre ordinateur !

lundi, 13 août 2007

Terskey Alatau

Cher tous,

Nous voici de retour de notre magnifique trek dans les montagnes derriere Karakol : le Terksey Alatau. Apres six jours de marche (dont le dernier sous la pluie), nous avons vraiment profite de ces paysages magnifiques. Pour les curieux qui ont le temps de nous lire : voici quelques details.

Jour 1 - Jeti-Oghuz

Un taxi nous pose au sanatorium de Jeti-Oghuz, la ou la montagne forme sept taureaux de pierre rouge. De la, nous continuons notre chemin a pied vers la vallee des fleurs. Nous remontons cette riviere dechainee, la traverssant par des ponts en rondins a six reprises, a travers une vallee etroite et escarpee. Plus haut, le paysage se transforme en de larges paturages accueillants yourtes, moutons, vaches et d'autres enfants ravis de poser devant notre appareil photo. On monte encore vers les paturages a genisses, tout la-haut ou la riviere meandre entre pelouses et marais. Ici, seules les marmottes, les taurillons et l'orage nous accompagnent. On decide de planter la tente au fond de la vallee, a 3000m, sous le soleil revenu, dans des lumieres magnifiques. Plus tard, la pluie, puis la grele, nous bordent et nous laissent dans un sommeil profond.

Jour 2 - Col de Teleti

Au reveil, sous un soleil nouveau, nous sechons et empactons nos affaires avant de traverser le torrent a pieds nus, sacs et chaussures sur le dos, et de nous lancer vers le col de Teleti. La montee est raide mais de delicieux abricots secs nous aident a grimper dans ces paturages fleuris de gentianes et d'edelweiss. Nous croisons les derniers chevaux qui paturent tranquillement vers 3400m avant d'atteindre les hauteurs rocailleuses du col a 3750m. Nous redescendons dans une nouvelle vallee, ou se succedent, autour d'un torrent, les memes types de paysages. Vers 3000m, nous rejoignons une foret a champignons que nous devallons sur 300m avant de camper au fond de la vallee de Karakol, ou nous croisons de nombreux champignoneurs et un jeune homme a la recherche de son cheval. La encore la musique des rivieres et quelques gouttes de pluies nous accompagnent dans notre sommeil.

Jour 3 - Vallee sauvage

On se reveille au milieu des chevaux le temps d'un copieux petit dejeuner et nous repartons hors des sentiers battus vers une vallee sauvage avec l'espoir de rejoindre le lac d'Ala-Kol. L'ascention commence par la traversee du torrent sur un tronc humide et glissant regulierement arrose par de nouvelles lames d'eau. Elle se poursuit par une montee dans les raides paturages, ou les sentiers font defaut, sur plus de 900m de denivele. Le haut de la vallee, plus plat, se revele sauvage et magnifique. Un petit ruisseau serpente entre pelouses et eboulis avant de disparaitre dans les roches karstiques. On continue a monter dans les pierriers a la recherche du col, mais son acces excessivement raide a travers les rochers nous pousse a rebrousser chemin, d'autant plus que la descente de l'autre cote n'est surement pas plus evidente. Nous campons sur ce haut plateau, sans pluie, ou nous nous regalons d'un delicieux risotto ail-pomme-abricots-piments accompagne d'un magnifique couche de soleil.

Jour 4 - Montee vers Ala-Kol

Les nuits sont fraiches a 3500m. Le lendemain matin, le paysage est recouvert d'une fine couche de givre que le soleil a vite balaye. Apres avoir bien profite de ce magnifique espace, la descente nous ramene rapidement vers la valle de Karakol, d'ou l'on entreprend de rejoindre le lac par la voie normale. Un chemin raide et sinueux (ici les virages ne sont guere utilises pour limiter la pente) serpente a travers la foret, ou aucun souffle ne raffraichit l'atmosphere. L'air lourd se transforme rapidement en orage. Nous prenons refuge sous un rocher avant de rejoindre l'espace de campement, la ou le ruisseau, retenu par un barrage naturel, s'infiltre vers les profondeurs karstiques. Ce soir, pour la premiere fois, d'autres tentes nous environnent. Apres un bon bain, on profite du soleil et d'une nouvelle soiree sans pluie. La encore le chant de la riviere nous berce toute la nuit.

Jour 5 - Lac Ala-Kol

Nous suivons le torrent et remontons les chutes jusqu'au lac Ala-Kol. Celui-ci, coince entre les glaciers et les montagnes est de couleur verte, changeante avec les nuages. La vue est magnifique depuis les hauteurs ou l'on pique-nique. La vue du col abandonne l'avant-veille nous conforte dans notre choix. Le passage aurait ete perilleux au vu de notre equipement et du poids de nos sacs. Nous rejoignons ensuite le col d'Ala-Kol, grace a un chemin montant dans les eboulis. Arrives au col, a 3860m, une tempete soudaine accelere notre descente. Sur plus de 200m d'altitude, on se laisse porter et l'on skie presque sur un melange de terre et de gravier. Arrives en bas de la pente, quelques 15 minutes plus tard, on est mouille jusqu'aux os. Heureusement, le soleil revient vite et on seche en profitant de la vue des differents plans montagneux encore tout embrumes. On partage la descente avec un jeune couple americain qui nous fait part d'une expression du Colorado bien adaptee a ce que l'on vient de vivre : "If you don't like the weather, then wait ten minutes". Dix minutes plus tard, effectivement, la pluie revient, mais s'installe presque definitivement. On profite d'une accalmie pour monter notre tente sous le regard curieux des genisses et taurillons et d'une autre pour cuire nos pates que l'on sera force de manger sous la tente.

Jour 6 - Redescente par Altyn Arashan

La pluie n'a pas cesse. On reste au chaud dans nos sacs de couchage. On profite d'une baisse de l'intensite pour plier bagage et redescendre sur les sentiers boueux et sous la bruine humide. On s'arrete a Altyn Arashan le temps d'un the et d'un pique-nique au sec, avant de reprendre la route jusqu'au pied de la vallee quelques 20km plus bas. On renonce ainsi a explorer le haut de celle-ci et les vues, parait-il magnifiques, sur le pic Palatka. En fin d'apres-midi, on retrouve avec plaisir le soleil et les salades de Karakol.

Depuis, nous avons pu nous doucher, faire notre lessive qui seche actuellement au soleil et nous repartons demain, mardi, pour la rive sud du lac Issyk-Kul et le centre du Kirghizstan (Kochkor, Le lac Song-Kol, Naryn, ...). D'ou on espere vous donner d'autres nouvelles d'ici une quinzaine de jours.

On vous embrasse fort et on espere que la meteo europenne s'est amelioree, que les cyclistes ont pu reprendre chemin et que vous allez tous bien.

Bisous

Camille et Antoine

PS : comme d'hab., d'autre photos sont disponibles sur notre galerie, desoles... elles ne sont pas dans l'ordre !

lundi, 6 août 2007

1ere semaine

Coucou,

Nous voici a Karakol, apres une premiere semaine tranquille de plage et de marche magnifique. Apres avoir quitte la capitale, nous avons rejoint Tamchy, "paisible" village touristique au bord du lac. En fait, ce sont essentiellement des Kirghizes, des Kazaks et des Russes, venus en famille se reposer au bord de la "mer" et loger dans un des nombreux logement chez l'habitant. Nous avons profite de nous reposer et de deguster nos premiers abricots, chachliks (delicieuses brochettes de mouton) et pains cuits dans des tandooris.

Apres ce repos bien merite, nous voila parti pour un premier petit trek dans les vallees de chong ak-suu et kichi ak-suu, toujours au nord du lac. Nous montons, au milieu des cultures, un berger nous offre des abricots en cours de route et nous rejoignons ensuite une gorge etroite peuplee de montreur d'aigles et de yourtes touristiques dans laquelle les touristes montent en voiture. Plus haut, on rejoint un plateau plus paisible ou paissent des centaines de chevres et de moutons. Apres avoir essuye un premier orage, on campe la premiere nuit au bord d'un lac. Le lendemain, on rejoint la vallee voisine par un col facile et on se retrouve au milieu d'un immense plateau egalement pature ou les cavaliers s'en donnent a coeur joie. Apres une deuxieme nuit dans la descente, on retrouve les cultures et le bord du lac, d'ou l'on rejoint Karakol en minibus. (plus de photos sur la galerie !)

Cette ville ressemble a un immense village, malgre ses 65000 habitants. Les maisons ont rarement plus de deux etages et sont environnees de jardins. Ici, beaucoup moins de touristes locaux, mais que de francais... On loge dans une magnifique chambre avec un lit dur... quel confort! Dehors un jardin fleuri nous accueille pour le repas.

Demain nous repartons marcher au sud de la ville pour une semaine, passer de col en col (3800m environ) et gouter aux sources d'eau chaude. Trek deja decrit dans un message precedent.

On vous embrasse fort, on se rejouit d'avoir de vos nouvelles et de vous en donner plus egalement !

Camille & Antoine

mardi, 31 juillet 2007

Arrivee a Bishkek

Coucou,
Nous voici bien arrives a Bishkek, capitale du Kirghizstan. On a profite de cette première journée pour récupérer la nuit blanche dans l'avion et pour prendre nos repères dans cette ville agréable (arbres, ombre, tranquillité, facilite de se repérer) malgré les masses imposantes des bâtiments en béton soviétique et de retrouver nos bons sens du langage manuel a défaut du Russe ou mieux encore du Kirghiz !
Demain nous partons pour le lac Issyk-Kul avec le projet de s'arrêter sur la rive nord a de nombreux endroits afin de s'acclimater a l'altitude (bien sur ;) et non seulement de se prélasser sur les plages ;-) Vous trouverez nos idées actuelles sur la carte Google (cliquez-ici). Pour la suite du programme et les premières images, il faudra attendre Karakol dans une semaine !
Bisous a tous,
C&A

dimanche, 29 juillet 2007

J-1

Salut tout le monde,

Voici un petit coucou de suisse avant notre départ pour le pays des grandes steppes. Celui-ci est toujours prévus demain à 13h45 de Genève (arrivée mardi à 3h15 à Bishkek). Nos sacs sont prêts (un peu lourds peut-être... mais bon). On se réjouit beaucoup ! Notre programme n'a pas changé : arrivée à Bishkek où l'on passera les premiers jours (le temps de faire un petit coucou à Valéria , de trouver des cartes "pédestres", d'apprendre le russe, de se remettre du décalage horaire et de notre première nuit blanche et de comprendre où vont les bus, quand ils partent et comment ils circulent !). On tentera ensuite de rejoindre Karakol et les bords du lac Issyk-Köl, où l'on devrait passer nos premières journées de repos après ces dernières semaines assez denses et un peu trop studieuses ! On partira ensuite pour des treks dans le Tian Shan, comme annoncé... mais on aura l'occasion de vous en dire plus une fois là-bas...

On vous souhaite à tous un très bel été, chaud, mais sans sécheresse ni canicule, on pense bien à vous, et on essaiera de donner des nouvelles en texte et en image aussi souvent que possible. Amitiés à tous,

Camille et Antoine

PS : à Bishkek, les températures annoncées ces prochains jours sont autour de 35-38°C la journée, cela descend à 18-20°C la nuit... c'est pas mal pour commencer les vacances :) Sinon dans les montagnes, la température nocturne atteint fréquemment 0°C, mais les journées sont bien agréables pour marcher : entre 15 et 20°C !

lundi, 2 juillet 2007

Quelques treks qui nous font rêver !

Salut à tous !

Voilà déjà quelques temps que nous ne vous avons plus donné de nouvelles... ce n'est pas que nous sommes débordés, mais presque : les projets de fin de semestre et les examens nous ont passablement mobilisés ! Voici donc quelques informations supplémentaire sur notre voyage.

Comme nous l'annoncions dans le précédent message, ce sont les treks de la région de Karakol, à l'Est du Kirghizstan qui retiendront pas mal notre attention lors de la première partie de notre voyage. Voici donc quelques informations plus précises à ce sujet. Karakol est une ville de 64'000 habitants. Elle sera notre point de ralliement le plus probable lors de la première partie de notre voyage. C'est un point de départ idéal pour explorer les rives du lac Issyk-Kul ou les montagnes du Terskey Alatau et du Tian Shan.

En se référant à la carte que tu trouveras ici au format web GoogleMap, les explications suivantes vont d'Est en Ouest. Premièrement, la vallée d'Arashan (à l'Est) mène à une petite station à plus de 3'000m : Altyn Arachan. On y trouve des sources chaudes et une magnifique vue au sud sud le Pic Palatka (4'260m), situé plus au sud. Cette station est à 5-6h de marche au fond d'une vallée. On y accède par un chemin escarpé qui longe la rivière Arashan, à travers un canyon planté de pins. Ce secteur dépend d'une réserve naturelle dédiée à la recherche botanique. En continuant à monter la vallée, on peut rejoindre en 5h le glacier du pic Parlatka... cela sera peut-être une journée supplémentaire à notre trek...

Depuis Altyn Arashan, en direction de l'Ouest, le col d'Ala-Köl (3'800m) et son petit lac du même nom seront probablement l'étape suivante de notre trek. On peut y voir de belles chutes d'eau dans ces montagnes arides du sud du Kirghizstan. En redescendant ensuite dans la vallée de Karakol, on aura la possibilité de redesendre jusqu'en plaine puis de prendre un bus pour rejoindre le chef lieu, ou alors de continuer notre balade transversale par le col de Teleti (3'800m), puis la vallée des fleurs et à nouveau un col à 3'800m : Archa-Tör pour pouvoir enfin entamer une descente dans la vallée de Chong-Kyzyl-Suu qui nous ramènerait à Karakol, le dernier bout se faisan en bus...

Ce trek est modulable, puisque dans chacune des quatre vallées principales que nous traverserons, il est possible de rejoindre Karakol. L'entier se fera probablement en 8 à 10 jours... avec pourquoi pas des pauses plus ou moins longues si ces coins nous plaisent particulièrement... et si nous avons encore assez de nourriture au fond du sac pour pouvoir continuer :)

Bon... les préparations d'examens m'attendent ! Nos prochains treks seront décrits dans un prochain message en attendant : bon mois de juillet à chacun !!!

samedi, 9 juin 2007

Notre projet !

Voici enfin quelques nouvelles de notre projet de voyage au Kirghizstan. Bien qu'il ne soit pas encore bien ficelé, nous partons le 30 juillet et revenons le 22 septembre !

Pour l'instant, nous préparons un voyage naturo-culturel. Nous arrivons à Bishkek, la capitale, où nous allons probablement rester quelques jours, le temps de prendre connaissance de la vie kirghize, de se familiariser avec le russe et de préparer la suite du voyage (c'est la plus grande ville et donc la seule où l'on est sur de trouver des cartes de rando, par exemple). Nous planifions ensuite d'aller en direction du lac d'Issuy-Köl, près de Karakol qui sera notre point de ralliement pour différents trecks et balades. Nous pensons notamment marcher dans les vallées au sud de Karakol (trecks de 4 à 8 jours faciles, assez courus et donc bien équipés) et pourquoi pas s'aventurer plus loin dans la chaîne du Tian Shan, avec ses cols à plus de 4-5'000 m et ses glaciers magnifiques (cette fois, la présence d'un guide sera nécessaire et nous permettra de connaître aussi plus la culture de ces hauts plateaux et fonds de vallées encore pâturés et parcourus par les cavaliers).

Dans un deuxième temps, ce sont probablement les balades à cheval près du Lac Son-Köl (non visible sur cette carte, mais proche de Kochkorka), avec le CBT (Community Based Tourism : www.cbtkyrgyzstan.kg) comme partenaire principal. Cette agence locale cherche à faire du tourisme durable contrôlé par les communautés locales, avec notamment des logements chez l'habitant et des contacts directs avec la population.

La suite du voyage n'est pas encore définie, cela dépendra notamment du temps qu'il nous reste et de nos envies soudaines... mais pourquoi pas la visite de la ville d'Och et son marché ou les régions montagneuses plus proches de l'Ousbékistan et du Tadjikistan...

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Les billets d'avions sont dans la poche, les visas aussi... il ne reste plus que quelques vaccins à faire et de regrouper toutes nos affaires dans un gros sac à dos (ha oui, j'oubliais... depuis aujourd'hui on a également des nouveaux sacs de couchage chauds et confortables que l'on se réjouit de tester ;)

vendredi, 18 mai 2007

L'alphabet cyrillique

Pour voyager dans ce pays, à défaut de parler le Kyrgyze... nous allons nous rabattre sur le russe, voici donc l'alphabet cyrillique, première étape de notre apprentissage ! Alors, vous apprenez avec nous ?

(tiré de http://www.russie.net/russe/alphabet.htm)


L'alphabet cyrillique comprend 32 lettres; 20 consonnes, 10 voyelles et 2 signes (un signe mou et un signe dur). Cet alphabet a été créé au dixième siècle par les moines macédoniens Cyrille et Méthode. Plusieurs lettres ressemblent à des lettres grecques mais d'autres lettres ont été créées afin de s'adapter spécifiquement à la phonétique russe. Une réforme de l'orthographe a eu lieu en 1917, après la révolution bolchevique et certaines lettres ont été éliminées.

Alphabet
Prononciation
А а[a]
Б б[b]prononcer "be"
В в[v]prononcer "ve"
Г г[g]prononcer "gue", "g" de gare
Д д[d]prononcer "de"
Е е[ie]E vaut en réalité ie ou io. Lorsque e vaut io (toujours sous
l'accent), la règle est d'utiliser le tréma: ë. Règle, qui est
plutôt rarement employée par les Russes.
Ж ж[j]consonne toujours dure, prononcer "je"
З з[z]prononcer "ze"
И и[i]prononcer "i"
Й й[i bref]travail
К к[k]prononcer "ka"
Л л[l]Attention le "l" russe est dur! Pour prononcer correctement
l dur, il faut appliquer la pointe de la langue contre les incisives
inférieures (ainsi on l'empêche de remonter) et prononcer l; le son
obtenu est voisin du l final anglais de bill. prononcer "el"
М м[m]prononcer "em"
Н н[n]prononcer "en"
О о[o]prononcer "o"
П п[p]P dur est identique au P français, P mouille s'obtient en ajoutant un
petit e très bref. prononcer "pe"
Р р[r]Il faut rouler les "r", prononcer "er"
С с[s]prononcer "es"
Т т[t]prononcer "te"
У у[ou]prononcer "ou"
Ф ф[f]prononcer "ef"
Х х[kh]prononcer "kha"
Ц ц[ts]consonne toujours dure, prononcer "tse"
Ч ч[tch]consonne toujours mouillée, prononcer "tche"
Ш ш[ch]consonne toujours dure, prononcer "cha"
Щ щ[chtch]consonne toujours mouillée, prononcer "chtcha"
Ъ ъsigne durtviordyi znak
Ь ьsigne moumiakhkij znak
Ы ы[i dur]Le "i dur" s'obtient assez aisément en écartant les
commissures des lèvres en forme de rictus et en prononçant u.
Derrière une labiale (p,b,f,v,m) il faut intercaler un petit w anglais.
Э э[e]prononcer "e" ouvert, e abaratnoïe
Ю ю[iou]prononcer "iou"
Я я[ia]prononcer "ia"

L'un des traits essentiels de la phonétique russe est constitué par l'opposition des consonnes dures et mouillées. La plupart des consonnes russes forment des paires dont les termes ne se distinguent que par la mouillure ou l'absence de mouillure. Pour vous aider à saisir en quoi consiste ce trait spécifique du russe, disons que dans trois cas au moins la mouillure donne une consonne tout à fait différente:

  • l mouillé est proche du français, l dur est un autre son
  • t et d mouillés sont prononcés par certains russes ts, dz

  • enfin le français possède au moins une paire cons. dure-cons. mouillée: n-ng; notre gn est proche du n mouillé russe, de sorte que pour un Russe le n français est un n dur et gn la consonne mouillée correspondante.

Le russe appartient au groupe des langues slaves, groupe appartenant à celui des langues indo-européennes. Les langues slaves constituent une branche importante du groupe indo-européen. Parmi les langues slaves on trouve principalement le russe, le polonais, le bulgare, l'ukrainien, le serbo-croate, le tchèque, le biélorusse, le slovaque, le slovène et le macédonien.

On divise normalement ce groupe en trois sous-groupes, au sein desquels on remarque une ressemblance encore plus grande. Le russe appartient aux langues slaves de l'est, tout comme le biélorusse et l'ukrainien.

jeudi, 17 mai 2007

Un peu d'huistoire !

A un peu plus de deux mois du départ, il est temps pour nous de bien nous préparer pour ce voyage... alors voici quelques informations culturelles tirées de Wikipedia vous permettant de nous accompagner dans notre rêve !
Histoire

La région correspondant au Kirghizistan fut peuplée aux XVe siècle et XVIe siècle par les Kirghizes, un peuple nomade turc originellement situé, il y a 2000 ans, dans le Nord-Est de la Mongolie et qui se serait d'abord déplacé vers le Sud de la Sibérie entre le VIe siècle et le VIIIe siècle, puis vers la région de Touva jusqu'au XIIIe siècle. L'Islam devint la religion principale de la région vers le XIIIe siècle ; la plupart des Kirghizes sont des musulmans sunnites de l'école hanafite.

Au début du XIXe siècle, le Sud du territoire tomba sous le contrôle du Khanat de Kokand. Il fut formellement incorporé à l'empire russe en 1876. La répression de plusieurs révoltes poussa un certain nombre d'habitants à émigrer vers l'Afghanistan ou la Chine.

En 1918, un soviet fut fondé dans la région et l'oblast autonome Kara-Kirghiz fut créé en 1924 au sein de l'URSS. En 1926, il devint la République socialiste soviétique autonome de Kirghizie. En 1936, la République socialiste soviétique de Kirghizie fut intégrée comme membre à part entière de l'URSS.

Lors des bouleversements politiques survenus à partir de la fin des années 1980 en Union soviétique, des élections libres furent organisées au Kirghizistan en 1990 qui virent la victoire d'Askar Akaiev au poste de président en octobre de la même année. Le pays changea de nom et devint la République du Kirghizistan en décembre 1990, tandis que Frounzé, la capitale, fut rebaptisé par son nom pré-soviétique de Bichkek en février 1991.

Après l'échec du coup d'état à Moscou qui marqua la fin de l'URSS, le Kirghizistan vota son indépendance de l'URSS le 31 août 1991. La Kirghizie adhéra cependant à la Communauté des États indépendants à la fin de la même année.

Au cours des années suivantes, le pouvoir, toujours détenu par Askar Akaiev, devint visiblement de plus en plus autoritaire. Les récentes élections législatives du 27 février et du 13 mars 2005 furent dénoncées comme frauduleuses, particulièrement par les observateurs de l'OSCE. Des troubles débutèrent vers la fin mars qui se transformèrent rapidement dans le Sud du pays en manifestations appelant à la démission du gouvernement en place. Le 24 mars, 15 000 manifestants partisans de l'opposition venus du Sud du pays se heurtèrent à la police à Bichkek et prirent d'assaut l'immeuble abritant la présidence après des rumeurs faisant état de la fuite du président Akaiev hors du pays. C'est la « Révolution des Tulipes ».

Les chefs de l'opposition ont établi un gouvernement intérimaire et ont promis de mettre en place rapidement de nouvelles élections afin de prétendre à une légitimité définitive. Les luttes internes à l'opposition ont étées réglées rapidement, Kourmanbek Bakiev prenant les postes de président et de premier ministre.

Kourmanbek Bakiev a ensuite remporté l'élection présidentielle organisée trois mois après le soulèvement populaire qui a provoqué la fuite de l'ancien président, Askar Akaïev.

mercredi, 16 mai 2007

Galerie de photos

Retrouvez ici nos photos !

mardi, 15 mai 2007

Comment être tenu au courant ?

Tu souhaites être tenu-e au courant de notre voyage, recevoir par mail nos nouvelles ?

Alors envoie-nous vite un mail à info[at]kirghizstan.ch en nous transmettant ton adresse. Tu seras ensuite ajouté-e à notre liste de diffusion et tu pourras recevoir nos mails de manière directe et instantanée ! (il est évidemment possible de se désinscrire de la même manière !)