Bonjour a tous,
Voici des nouvelles du chaud, depuis le sud-ouest Kirghize !
Pour rejoindre cette region, nous avons traverse le massif du Fergana, en passant par Kazarman :
A Naryn, le 31 aout, notre bus arrive peu avant 8h. C'est en fait un minibus qui a deux places a l'avant (pour le chauffeur et son fils charge d'attacher les bagages sur le toit, de recolter les sous et de faire quelques achats: eau, cigarettes, ... sur le parcours). A l'arriere, les banquettes forment un carre contre les bords, laissant un espace central pour les bagages n'allant plus sur le toit, les enfants, les chiens, etc. Au total, il y a treize places assises (dont 4 dans le sens de la marche). Nous avons la chance d'occuper une place et demi, dos au chauffeur, avec dossier, donc relativement confortable. Nous partons ainsi pour 8 h de trajet sur une route qui se degrade au fil des km en une piste poussiereuse. Le bus se remplit plus vite qu'il ne se vide. A la maniere des collectivos peruanos, on s'entasse petit a petit. Au maximum, on aura ete 27 a l'interieur, dont une famille qui demenageait avec chien et cartons entasses a nos pieds. Il y a peu d'espace pour apprecier la vue. Malgre tout, on apercoit la vallee de la riviere Naryn, irriguee et fortement cultivee, alors que sur les bords, les collines puis les montagnes denudees sechent au soleil. 250 kilometres, 92 litres d'essence et 3 litres d'huile plus loin nous atteignons Kazarman, ville perdue au centre du Kirghizstan n'existant que pour sa mine d'or a ciel ouvert a quelques kilometres de la. Ce n'est pourtant pas pour elle que nous avons fait le deplacement ! Apres une bonne douche et une nuit de sommeil, nous partons vers les plus beaux petroglyphes d'Asie centrale a Sailmaluu Tash !
La encore, les 2 heures d'approche en vieille Jeep russe sont impressionnantes. La piste se degrade encore en un vulgaire chemin de terre, en pente et fortement troue. Notre chauffeur-guide a heureusement l'habitude d'emprunter cette route avec sa voiture. Apres une premiere panne au niveau du tableau de bord (fumee nauseabonde) et une dizaine de virages en tete d'epingle en monte, puis deux en descente (au frein a main, car le frein a pied ne freine plus suffisamment). On abandonne la Jeep pour 4h d'ascension pedestre le long d'un torrent. On arrive en haut bien fatigues, assommes par la chaleur et la poussiere residuelle de la veille coincee dans nos poumons.
La, on monte la tente dans un champ de ciboule et l'on se repose... la visite est prevue pour le lendemain au lever du soleil. Un groupe de sept kirghizes nous rejoint. Ils ont monte un repas de fete (fruits, fruits secs, bonbons, biscuits, pain, viande, pilaf, yoghourt, ...) auquel on est convie. Pour notre part, nous apportons l'eau chaude pour le chai (on ne voulait pas avoir porte notre essence et notre rechaud pour rien :-) Ils n'ont par contre ni tente ni couverture (un sac de couchage et quelques vestes qu'ils se partagent) et nous leur laissons notre tente et passons notre premiere nuit a la belle etoile bien c\au chaud dans nos sacs de couchage, malgre le vent qui s'est leve.
Les petroglyphes sont magnifiques. Plusieurs styles et epoques se succedent mais la plupart datent de l'age du bronze. Ils mettent en scene, sur des milliers de pierres, des animaux sauvages (loups, cerfs, panteres, ibex, ...) ou domestiques (boeufs, chevaux, yaks, chevres, ...), des personnages sur des chars, chassant a l'arc ou encore dansant. Les scenes les plus typiques du site sont les personnages aureoles d'un soleil ou d'une coiffe imposante. Au final, nous passons plusieurs heures sur ce site a sauter de rocher en rocher dans des coulees d'eboulis noirs. En debut d'apres-midi, on reprend la route. On descend la vallee, on recupere la Jeep et on abuse du frein moteur pour rejoindre Kazarman !
Le lendemain, on continue vers l'ouest dans un taxi collectif. Apres 5 heures (la piste n'est pas meilleure, mais nos sieges plus confortables) et le passage d'un col imposant, on rejoint la vallee du Fergana, grenier de l'Asie centrale, puis Jalal-Abad. Ici, dans ces paysages quasi-desertiques, les villes et villages sont des oasis de verdure. Les fonds de vallee sont cultives et si la plupart des cultures (cereales) sont deja recoltees, il reste encore le riz et le mais dans les champs. Par contre, c'est la saison de la recolte des tournesols qui sont coupes a la main, entasses au bord de la route, puis frappes pour separer les grains. Ceux-ci sont alors seches sur les rares espaces goudronnes de la route, avant d'etre empactes et vendu dans des huileries ou sur les marches comme petites graines a grignotter...
Depuis Jalal-Abad, nous avons rejoint Ozgon, puis Och, ces villes musulmanes de la route de la Soie... Elles ont leur propre histoire et meriteront un prochain texte...
En attendant de vous donner plus de nouvelles et de vous revoir, on vous souhaite un bon mois de septembre et pourquoi pas un petit ete indien ? (c'est pour vous aider a lutter contre la neige annoncee :-)
Bisous de nous deux
Camille et Antoine
PS : notre connection est tellement mauvaise que pour les photos (on en a mis quelques unes... mais pas toutes) et la mise a jour de la carte, il faudra attendre quelques jours ;-)