Salut a tous,
Apres deux jours de seminaire dans les forets au dessus de Jalal-Abad et un trek de 5 jours a travers les montagnes au nord pour rejoindre la route de Bishkek, nous voici de retour a la capitale. Plus que quelques jours et notre avion nous ramenera vers la Suisse et le Poly ;-)
Avant de vous raconter ce que nous avons fait, nous avons une pensee speciale pour tout ceux qui recommencent aujourd'hui (merci de nous prendre des notes :D) et que l'on se rejouit de retrouver. Par ailleurs, on vous remercie de nous avoir suivi pendant ces deux mois magnifiques et on vous embrasse tous bien fort !
Voici donc notre dernier message :

Lundi matin, on retrouve Annina au bazar de Jalal-Abad, puis depart pour le centre forestier d'Intercooperation Suisse-Kirghizstan, ou elle effectue 6 mois de stage apres sa formation en foresterie a Zurich. Plus tard dans la matinee, avec deux responsables locaux et une dizaine d'etudiants de l'universite de Jalal-Abad, on part pour les forets de Shaidan. La premiere journee est consacree a divers exposes sur la gestion forestiere kirghize, la nouvelle typologie (fortement inspiree du systeme suisse), et la problematique de l'agro-foresterie au Kirghizstan, en Suisse et ailleurs dans le monde. Comme tout se deroule en kirghize, Gulmira traduit toutes les conversations en russe pour Annina, qui a son tour les synthetise en anglais (on leur doit a toutes les deux une fiere chandelle :D). En fin de journee, apres ces elements theoriques et quelques delicieuses poires, on visite la pepiniere de pommiers, poiriers et noyers, seuls moyens de rajeunir ces forets fortement paturees.
Apres quelques toasts, une soiree au son de la guitare et une bonne nuit de sommeil, on profite de la deuxieme journee pour visiter les forets alentours. Les noix sont le principal attrait economique et le centre de bien des conflits. Chaque habitant, moyennant une certaine somme, se voit attribuer une parcelle a exploiter pour la recolte, qui commence ces jours (l'exploitation du bois est interdite, mais cet interdit est parfois peu respecte par les villageois, dont c'est - avec les bouses sechees - la seule ressource energetique). Commencent alors les conflits de voisinage, les inegalites de copinage ou le maraudage qui compliquent un peu plus la gestion des rares forets kirghizes.

Les encadrants insistent particulierement sur la responsabilite des jeunes forestiers dans leur metier. Par de multiples exemples, ils les forcent a reflechir par eux-memes, quitte a contredire l'ordre d'un chef potentiel. Ainsi, nous sommes rendus attentifs aux conditions climatiques et micro-climatiques propices a chaque espece, a respecter dans la planification des plantations et des coupes pour maintenir des forets de qualite. Cette qualite n'est ici pas la meme qu'en Suisse, puisque ici seuls les fruits (a quelques exceptions pres) et non le bois sont valorises. On favorise donc les larges couronnes et non les troncs rectilignes, afin de faire fructifier la recolte.
Le probleme principal rencontre est le surpaturage du sous-bois qui empeche toute regeneration et fragilise les arbres existants. Dans diverses parcelles, des tests scientifiques sont realises pour trouver l'equilibre ideal entre les forets, le betail et les cultures. Diminuer la pression du betail semble, a long terme, etre le seul moyen de maintenir ces forets (et permettre en meme temps un fourrage de meilleure qualite, augmentant ainsi la productivite laitiere). Une association locale, incluant les responsables communaux, forestiers et scientifiques est en train de se mettre en place, pour definir une vision a long terme de ces forets et des contrats d'exploitation a 50 ans. Elle ne semble malheureusement pas inclure les villageois...
Ces deux jours studieux nous permettent de nous replonger en douceur dans ce qui nous attend la semaine prochaine. Ils ont par ailleurs ete l'occasion de chaleureuses rencontres avec les etudiants et les responsables-organisateurs que l'on remercie vivement de leur accueil.

Des le lendemain nous repartons sac au dos pour notre dernier trek kirghize, d'Arslanbob a Kara-Kol. Le premier jour, une rude montee nous attend pour atteindre la "pierre sacree" perchee au-dessus de la vallee. Encore quelques centaines de metres et nous rejoignons notre premier campement, petit espace plat au milieu des eboulis, a 3200m environ.

Le lendemain, 600 metres de pierriers et de rochers nous menent jusqu'au premier col, avec une vue plongeante sur Arslanbob, 2200m plus bas. La descente n'est pas plus evidente, mais largement recompensee par la vue magnifique du lac sacre de Kul-Kupan. De la, nous visitons les lacs glaciaires de Kabyr-Kol et Ainek-Kol (lac du miroir) perches un peu plus haut. Ce sont des sites sacres autour desquels sont rassembles des centaines de kerns et de petits drapeaux. Dans la descente, nous installons nos tentes a proximite d'un campement de bergers kirghizes qui nous accueillent avec pain chaud et creme fraiche... Apres un bon tchai et une soupe, Camille s'initie au faconnage des kuruts, alors qu'Antoine se lance dans une seance photo avec les enfants. Encore une demi journee de marche et on rejoint notre dernier col a travers des paysages d'alpages, dont la plupart ont deja ete desertes en prevision de l'hiver. Une raide descente nous mene alors au fond de la vallee ou l'on installe notre campement au bord de l'eau, suivant nos habitudes...

Une derniere journee de marche le long de cette vallee de plus en plus cultivee nous mene a Kara-Kol, ou l'on profite, a l'occasion des 28 ans de notre guide, de faire un excellent et copieux repas sur notre petit rechaud et de lui enseigner quelques rudiments d'anglais et de francais. Le lendemain, nos chemins se separent. Alors qu'il repart pour Arslanbob, nous parcourons 400km de taxi collectif a travers paturages, montagnes et vallees escarpees pour rejoindre Bichkek, ou il nous reste quelques achats et du repos a prendre avant de rattraper notre premiere semaine de cours et de terminer notre demenagement-emmenagement...
Voila c'est fini... enfin presque... Profitez bien de ces derniers bisous kirghizes :)
Camille et Antoine
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